SI NOUS CASSIONS LES CODES DE LA GOUVERNANCE ?
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SI NOUS CASSIONS LES CODES DE LA GOUVERNANCE ?

Casser les codes de la gouvernance de nos entreprises pour offrir un effet miroir et une bouffée d’oxygène à leurs dirigeants.

On se fait parfois une idée un peu poussiéreuse des conseils d’administration dans lesquels des administrateurs siègent de longue date, sur la base de mandats fondés sur leur proximité avec le dirigeant, quand ils ne sont pas le fruit de services rendus. « Il faut casser ces codes et adopter un modèle de gouvernance renouvelée plus régulièrement, proche des attentes du marché et des perspectives de développement de l’entreprise », insiste Caroline Le Biez, fondatrice de magouvernance. Son ambition : apporter plus de diversité dans les conseils d’administration et alléger l’accompagnement à la stratégie d’entreprise avec des solutions souples et sur-mesure pour les dirigeants.

Accompagner le dirigeant dans ses décisions

Beaucoup de changements dépendent de la façon dont l’entrepreneur dirige son projet et élabore sa stratégie. Ce qu’il ne peut faire qu’avec l’appui de ses organes de gouvernance. « La solitude est l’ennemi numéro un des entrepreneurs. À quoi bon attendre que l’entreprise grossisse pour se préoccuper de sa gouvernance ? », s’interroge Caroline. À défaut de disposer d’un conseil d’administration, elle suggère de constituer un advisory board. « Cette alternative souple permet au dirigeant d’être alerté sur les points sensibles auxquels il ne prête pas toujours attention parce qu’il a le nez dans le guidon et d’être guidé dans les décisions structurantes pour son entreprise ».

Feedback et prise de recul

« La gouvernance fait partie des deux principaux écueils que nous observons, avec le système d’information, au sein des entreprises que nous accompagnons, indique Vianney Linqué. À partir du moment où le dirigeant dispose d’une vision pour avancer, il a aussi besoin d’un feedback et d’une prise de recul sur son activité ». Parmi les sujets auxquels les conseils d’administration sont attentifs, en particulier dans cette période, celui de la trésorerie. « Chez LINK, nous prenons systématiquement part au conseil d’administration des entreprises auprès desquelles nous intervenons en tant que DAF à temps partagé ».

Diversifier les profils des administrateurs

Il est essentiel d’intégrer au conseil d’administration des profils indépendants et qualifiés, collant à la personnalité du dirigeant, à la taille de l’entreprise et à ses besoins. D’où l’importance de sensibiliser les actionnaires à la nécessité de s’entourer d’une gouvernance capable de se saisir des sujets immédiats et futurs de l’entreprise et d’inciter les représentants des conseils d’administration à élargir leur vision sur leur rôle auprès du dirigeant. « Les choses évoluent lentement, constate Caroline. Les dirigeants sont de plus en plus sensibles à la question de la gouvernance et à l’apport des personnalités extérieures, qui présentent l’avantage de dépassionner le débat lorsque des tensions surviennent entre actionnaires ».

Un interlocuteur privilégié

La performance d’un conseil d’administration dépend en grande partie des qualités de pilote et d’animateur de son président. L’autre condition c’est que le nombre et le profil de ses administrateurs soient dimensionnés à l’entreprise et que chacun soit sensibilisé à la posture qu’on attend de lui. Sachant que l’administrateur n’est pas là pour gérer l’activité opérationnelle du dirigeant, mais pour se saisir des questions stratégiques et pour aider à l’orientation des activités de l’entreprise. 

Être administrateur ne s’improvise pas

À l’exception de quelques formations, il n’existe pas à proprement parler de diplôme d’administrateur. Au delà de la disponibilité, être administrateur réclame de la rigueur, de l’adaptabilité, de l’éthique, de la transparence et une certaine indépendance d’esprit. Il est important de savoir comment fonctionne une entreprise, de connaître les enjeux auxquels elle peut être confronté sur son marché et d’avoir des notions comptables et d’analyse financière. Le fait de disposer d’un agenda et d’un ordre du jour lors des séances permet toutefois de dépasser la simple revue des chiffres de l’entreprise.

Le conseil d’administration est un organe vivant de l’entreprise. Il doit évoluer avec elle. « Il arrive qu’un décalage se crée entre les administrateurs et la réalité du marché. Il est alors temps pour l’entreprise de renouveler sa composition afin de s’entourer d’administrateurs capables de l’accompagner dans sa transformation ou dans sa croissance externe ».

« Force est de constater que les entreprises qui disposaient d’une gouvernance structurée avant la crise sanitaire ont eu plus de facilité à relancer leur activité ».

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