« C’EST AU FRONT QU’ON RECONNAÎT LE SOLDAT »
Business case

« C’EST AU FRONT QU’ON RECONNAÎT LE SOLDAT »

Confrontée à d’importantes difficultés de trésorerie, Madéco aurait pu disparaître avec la crise si la société n’avait pas bénéficié d’un plan d’étalement de sa dette et du soutien d’un DAF à temps partagé pour l’accompagner dans sa transition vers le commerce en ligne. 

Le marché du store d’intérieur, Laurent Dubois est tombé dedans à l’âge de 25 ans. Après avoir participé au succès commercial d’une entreprise néerlandaise, il lance sa propre société avec la complicité d’un collaborateur. « La force de Madéco a été de proposer des produits qui n’étaient pas disponibles sur le marché ». Le succès ne se fait pas attendre. Au bout de trois ans à peine, l’entreprise, qui compte désormais huit salariés, réalise 4 millions d’euros de chiffre d’affaires en France, en Belgique et en Italie. 

En 2014, Laurent Dubois rachète Protecta, un fabricant de volets roulants. Il déménage la société à Seclin et installe Madéco sous le même toit. Protecta se développe, mais perd beaucoup d’argent. Le sort s’acharne sur le dirigeant, contraint de fermer l’usine qu’il a ouverte entretemps en Pologne en raison de la perte d’un de ses plus gros clients. « L’opération m’a coûté un million d’euros », se souvient l’intéressé. Le groupe commence à prendre le bouillon. « Nous nous sommes rapidement trouvés dans l’incapacité de rembourser les banques et les fournisseurs ».

C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de Philippe Wallet, alors directeur général du Groupe Sweetco. « Le courant est très vite passé entre nous. Je me suis logiquement tourné vers lui au moment où il a rejoint le collectif LINK. Nous avons sollicité l’appui de la cellule détection prévention du tribunal de commerce, bénéficié de la nomination d’un mandataire avec lequel nous avons négocié un étalement de nos créances auprès des banques et nous sommes concentrés sur la restauration de notre trésorerie et la restructuration du groupe ». Alors que le groupe commence à entrevoir la lumière, une seconde enseigne le lâche en début d’année dernière. « Nous avons du remettre à plat notre business plan et composer avec le confinement et la fermeture des enseignes de bricolage, confie Laurent Dubois, qui voit son chiffre d’affaires s’effondrer. Notre chance a été de pouvoir nous appuyer sur notre site web ». Depuis quelques mois, Madéco a retrouvé le chemin de la croissance. La société est sortie de conciliation le 30 novembre. Elle a remporté un important marché et bénéficie d’un PGE qui lui apporte un peu d’oxygène pour entreprendre de nouveaux projets. Laurent Dubois se sent pousser des ailes et envisage de relancer la fabrication de stores sur le site. « Ma plus grande fierté, déclare c’est d’avoir tenu bon depuis deux ans et de n’avoir jamais été placé en redressement judiciaire ».

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